Sacrifiée sur l'étal

Photo Paul Nougé


Elle laisse peu à peu, filer la poésie,

brave petit soldat, elle fait ce qu'on lui dit,

obéissante et veule, elle est ce que l'on veut,

pour manger à sa faim, elle n'a pas trouvé mieux.

Aliénée, malheureuse, elle sourit en pleurant,

sacrifiée sur l'étal des affaires courantes,

au sein du plus vulgaire, elle se renie un peu.

Plus tout à fait elle-même, elle contemple son âme,

qui doucement s'échappe, au fil des vils calculs,

la rendant orpheline de ses rêves d'absolu.

                                                                                Pascale Landriq




Commentaires

Articles les plus consultés