Le bonheur n'est pas dans tous les prés





Quand Paul Fort ne l’est plus tant,
quand rien ne semble germer dans le pré,
un bonheur de pacotille
 peut en être l’illusion. 
Il porte alors mal son nom,
comme, ironie du destin, 
celui du domaine
où se trame ma farce. 

Verre et faux semblant,
inutile artifice 
d’un tout petit garçon, 
âgé de cinquante ans, 
qui pour tromper l’ennui 
de sa vie bien stérile,
cherchait amusement, 
pour imiter les grands.

Complice involontaire,
dans un aveuglement,
j’ai vu sans me méfier
briller à cet endroit 
le phare du port d’attache,
près de l’homme qui voulait 
que je prenne son nom.

Le Christ en bois peint
enchâssé dans sa niche
entre les deux tourelles
témoin de l’imposture
sourit tristement, 
 cœur glacé dans sa main,
à qui il ne peut l’offrir
en ce logis désert.

J’ai compris, un peu tard,
paumes vides refermées,
cœur béant recousu,
que le rêve n’appartient 
qu’à celui qui l'a fait.
Celui-ci désormais
se conjugue au passé, 
j'accepte la leçon, 
mais ne veux plus y croire. 

La vie est là, appelle,
fait repousser peaux neuves
après les engelures.  
Si douceur de printemps 
s'accoude à ma fenêtre, 
mes paupières décillées 
pourront revoir sans doute, 
étrange maïeutique,
ce qui toujours est là 
et n'a pas disparu :

le bonheur dans le pré... !


Pascale Landriq

Commentaires

Carole a dit…
Superbe ! Oui la vie est là ! Et le printemps arrive..

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