Frugalité

Photo Vivian Maier


Il semblerait, dans le monde que nous avons fabriqué, que pour prendre part au festin nous devions brandir le plus beau reflet de nous-mêmes en clamant : « je suis le (la) meilleur(e), et je vais vous le prouver ». 
Une armée de « meilleurs » consacre son énergie à sa propre mise en valeur et à sa justification.
Fréquenter cet autre c’est le plus souvent sourire à la caricature, au vernis insolent qu’il porte comme un pesant carcan pour être admis dans le cercle des bienheureux que le système rétribue «  à sa juste valeur » : un prix du marché établi en fonction de l’aptitude au bluff et à l’omerta.
Dans ce jeu de dupes, les partitions codées sont transmises entre initiés pour des rôles bien rémunérés.
Pour les exclus du marché, ceux qui n’ont pas été adoubés à cette tricherie, ou l’ont refusée, foin de vie décente.

On ne naît pas forcément pauvre, on peut le  devenir… et la pauvreté porte alors un autre nom : « refus ».

Vouloir exister hors des lois de ce marché c’est se préparer à la pauvreté. 
Mouvement alternatif, décroissance, économie frugale, derrière ces mots se cachent bien souvent ceux qui n’ont pas reçu les codes ou ceux qui les ayant possédés ne veulent plus s’en servir.
Avancer sans compromis se mérite.

Si le bonheur réside dans la joie sans duperie, dans la pure essence de soi, il peut être à ce prix.



Pascale Landriq

Commentaires

Anonyme a dit…
le bonheur c'est pouvoir et savoir être "soi" ....
Pascale Landriq a dit…
Anonyme, es-tu toi ? :-)
Être soi ne suffit pas à garantir le bonheur si l'inverse l'éloigne sûrement... Belle journée éclairée !

Articles les plus consultés