Compassion





Je plains l’homme triste attaché à ses biens.
suspendu aux avoirs comme corde à son cou,
marié à son argent, seul comme un animal,
malade de méfiance, corrompu par lui-même,
ne voyant l’univers qu’au travers de son prisme,
il a vendu son âme contre quelques deniers.

Comédien redoutable, derrière le faux sourire, 
le poli compassé joue la sérénade, 
larmoie et crie son serment apocryphe.
Il veut en ses filets, ce démon carnassier,
pour tromper son ennui,
la proie, qui pour un temps, allège son tourment.

Son coeur depuis longtemps est sec et sans élan.
Ce diable psychopompe, ajuste, calcule,
fait la pesée des cœurs à l’aulne de sa trempe.
Il spécule sans foi, aveuglé par le doute,
hurle sa suspicion, mord la main qui le berce.

Peu de vrai chez cet homme, à part spéculation. 
Si l’ affliction est réelle, c’est dégoût de lui-même.



Pascale Landriq



Commentaires

MD a dit…
Il est à plaindre, cet homme, en effet. Peut-être à fuir aussi...
Bonsoir Promeneuse :)

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