La terre est bleue comme un sourire

                                                        

Photo Ian Davies


"Je n'aime pas Eluard ", avait-il dit.
Une remarque dont se serait délecté le surréaliste, avais-je pensé. 

J'avais trouvé à côté des poubelles une vieille malle contenant des recueils de poèmes gorgés de pluie que j'étais parvenue à ranimer.


"De l'oeil du doigt j'étudie des sourires
Le petit jour l'herbe endormie
Qui se lève à la vue des bêtes
La poitrine qui n'a plus faim
Qui n'a plus honte

La femme qui se fait complice
D'amours sans force et d'amours forcenées
La femme attentive à la vie
A la tempête d'un sanglot
A l'île verte du silence

De l'oeil du doigt j'étudie des sourires
Je les reflète
Quels sont ces êtres caressants
Qui parlent selon mon repos
Sourires selon la rosée

Le soleil doux comme une taupe
Une boucle sur un front bas
La longue nuit immobile est rompue
Le beau masque désarçonné
La chaîne usée

Une fille qui se déplie
Un sourire qui continue
Mes yeux mes doigts
Notre jeunesse tendrement
Fait naître l'aurore sur terre. "

                                      Paul Eluard, poème perpétuel

Tu n'aimes pas les chanteuses non-plus.Je crois que tu me disais n'importe-quoi.

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