Je n'ai pas osé



Photo David Galstyan


J'avais tant à te dire 

mais je n'ai pas osé. 
Au nom de la prudence, 
au nom de la raison. 
  
J'avais des choses à dire 
mais je n'ai pas osé. 
Toi, seul sur ton banc, 
moi derrière mes rideaux. 
  
J'avais beaucoup à dire 
mais je n'ai pas osé, 
au nom de la réserve 
par peur d'embarrasser. 
  
J'avais tout à te dire, 
mais je n'ai pas osé. 
Muette et désolée 
j'ai regardé camper, 
  
Sous ma fenêtre même, 
sur un banc isolé, 
sans oser lui parler, 
un homme qui souffrait. 
  
Je sais, vous me direz : 
" Tu n'aurais rien changé ". 
C'est vrai, mais j'aurais pu, 
rien qu'un peu, partager. 
  
Je suis juste plus pauvre 
de n'avoir rien donné 
et certainement bien veule 
de n'avoir pas osé. 
  
                                                                                                  Pascale Landriq


Commentaires

Qui écarte les rideaux se voit parfois passer dans la rue. Cette vision, ce reflet, est une amertume. Car assister l'autre c'est peut-être un peu s'aider soi-même.
Jonas
Pascale Landriq a dit…
Se trouver dans l'autre, n'est-ce pas l'état le plus élevé de notre humanité ?
Merci Jonas encore une fois pour vos propos éclairants.
Bonne journée.
Olivier95 a dit…
Bonjour,
J'ai découvert votre blog il y a quelques jours, presque par hasard. Je vous ai trouvé en cherchant les mots: "Cénacle et amour" sur mon moteur de recherche.
Quelle joie de vous lire!
Ce poème me touche particulièrement, parce que je le vis en ce moment. Je le ressens, il me pénètre, met à nu mes sentiments, ma faiblesse, ma peur . Vos mots se bousculent avec mes pensées.
Merci de partager votre amour avec tant de beauté,
Olivier
Pascale Landriq a dit…
Merci Olivier pour avoir marqué l'empreinte de votre promenade dans le petit cénacle. Heureuse de ce partage d'émotions. Je vous souhaite de puiser dans vos ressources la force d'oser.
Amitiés en écriture.
Pascale

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