Douceur


Photo : Ferdinando Scianna



Parlez-moi de la douceur,
rondeur éphémère 
dans sa robe ouatée, 
ourlée de magie,
d’une aube printanière,
d’un âtre sous la chaume,
d’une biche dans le bois,
du silence dans les arbres,
du bruissement des ailes.

Parlez-moi de la douceur
du sourire de mon fils 
quand il a réussi,
du temps qui passe,
du sein de l’épousée,
du duvet du nouveau-né,
de la peau de l’aimé,
des promesses échangées,
d’un ciel de fin d’été

Parlez-moi de la douceur
du couteau du boucher
sur le filet mignon
du rasoir de l’amant
sur la joue qui s’apprête,
de la faux qui s’agite
sur les gerbes mûries
du soldat qui embrasse
la terre qu’il combat.

Parlez-moi de la douceur 
du café du matin,
de l’étreinte du mari 
au seuil de la journée,
de la brise marine 
sur les soirées d’été,
du rayon de soleil 
que filtrent les volets
à l’heure de la sieste.

Parlez-moi de la douceur
des symphonies divines,
d’une valse de Chopin,
d’une ogive de Satie,
d’un clair de lune amène,
de la voix de la mère
qui console l’enfant,
du baiser de la soeur
comme un baume apaisant.



Pascale Landriq




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